Post-coronavirus : retour en France précipité pour de nombreux expatriés

L’économie mondiale a été totalement chamboulée lors de ce premier semestre 2020 à cause d’un virus dont on connait le nom par cœur : le Covid-19. Si, en France, chacun a pu constater les nombreuses conséquences économiques et sociales qu’a eu ce virus sur notre quotidien, d’autres, expatriés habitant de l’autre côté de la planète, l’ont vécu autrement. Confinement, crise économique, changement de projets de vie, de plans de carrière : lorsqu’on vit à 15 000km de la France, tout est amplifié. Et, parfois, le retour en France, choisi ou contraint, s’est imposé…

Cette situation peut concerner, à priori, les plus de deux millions de français vivant à l’étranger. Ils sont en majorité en Europe mais aussi beaucoup en Amérique du Nord et, dans une moindre mesure, dans le reste du monde. Comment ont-ils vécu ce confinement et cette crise sanitaire à l’autre bout du monde, loin des leurs ?

Après avoir vu, lors des premières semaines, le rapatriement en urgence de centaines de milliers de touristes français bloqués à l’étranger, nous allons probablement assister, dans les prochains mois, à une seconde vague avec le retour de familles d’expatriés. En quoi le coronavirus a-t-il influencé leur décision de retour ? Pour certains, cela a été un choix, une évidence, alors que pour d’autres, la crise économique l’a malheureusement provoqué… Nous en profiterons pour vous donner également quelques conseils pour préparer au mieux ce retour.

Image d'un homme attendant dans un aéroport avec avion en fond

 

Le coronavirus, un déclencheur de l’envie de rentrer ?

Effet inattendu mais bien réel de cette crise sanitaire : le coronavirus a provoqué une prise de conscience de l’importance des liens familiaux, du bon équilibre de la cellule familiale, de l’envie de profiter de ses proches tant qu’ils sont en bonne santé… Et, lorsqu’on est à plusieurs milliers de kilomètres de son pays d’origine, il n’en faut parfois pas plus pour déclencher l’envie de rentrer.

Nous avons interrogé de nombreux expatriés sur les réseaux sociaux pour savoir comment ils avaient vécu cette période et, surtout, quelles en seraient les conséquences. Pour beaucoup, le retour était déjà envisagé, dans un futur plus ou moins proche, mais il restait à sauter le pas…

Ainsi, Marie-Eve, qui va rentrer après 7 ans au Canada en famille, avec ses 4 enfants, pensait déjà à rentrer depuis un moment. L’éloignement familial s’est fait plus durement ressentir ces derniers mois, jusqu’à déclencher la décision de retour. Eléonore a également décidé de rentrer après 4 ans en Norvège, pour la même raison. Pour Ania, après 7 ans au Royaume-Uni, le retour en France pour son accouchement a coïncidé avec l’épidémie de coronavirus. Elle a pris conscience de l’efficacité du système de santé français et a décidé de rentrer définitivement pour cette raison. Marie, après 22 ans dans le même pays, a, elle, été encouragée à rentrer par le coronavirus : après le Brexit, ce fut « la crise de trop ».

Pour toutes ces familles expatriées, l’envie de rentrer était là depuis un petit moment, mais c’est l’épidémie qui leur a donné le courage de sauter le pas. Ce retour ne se fait pas dans l’urgence : il est envisagé dans quelques mois généralement, à moyen terme. Le confinement a fait émerger une situation paradoxale : loin d’être uniquement une situation négative, selon Stéphanie « le covid nous a donné le temps de mettre à plat toutes nos idées et projets », qui rentre après 14 ans au Royaume-Uni. Le confinement, une occasion de prendre le temps d’organiser le plus sereinement possible le retour ? Très certainement pour de nombreuses familles !

Mais pour d’autres, qui aimeraient faire des allers/retours entre leur pays d’accueil et la France pour organiser la réinstallation, cette situation a été source d’angoisse à cause de la limitation des déplacements et de la disparition des liaisons aériennes. Marion, qui rentre cet été après 5 ans au Maroc, se retrouve à gérer un déménagement inattendu : « ce que je n’avais pas imaginé c’est tout faire d’un coup. Je pensais pouvoir faire des allers-retours, faire garder notre fils le temps de finaliser le déménagement. Là on essaye de tout gérer en une fois ». Renaud, qui rentre des Etats-Unis, se retrouve dans la même situation : impossible de faire des voyages pour clore ses affaires et préparer son arrivée en France !

Enfin, pour ceux qui avaient un retour de prévu, il peut être tout simplement décalé, pour diverses raisons : la situation n’est pas facile pour Stéphanie, qui ne peut pas rentrer du Portugal tant qu’elle n’a pas vendu son appartement (retardé à cause du confinement), pour Tatiana, qui veut se rapprocher de ses proches mais dont le départ des Etats-Unis avec sa famille franco-américaine a été reculé d’un an ou encore pour Delphine, qui, elle attend tout simplement les reprises des vols pour pouvoir rentrer de Turquie…

Retour en France inattendu et soudain pour beaucoup d’expatriés

Pour d’autres, le retour va être beaucoup plus brutal, essentiellement parce qu’il n’était pas du tout prévu. Il est, dans ce cas-là, généralement lié à la perte d’activité économique, que ça soit sur décision de l’employeur (licenciement, rapatriement forcé en Europe) ou par perte des revenus (entrepreneur ayant dû cesser son activité par exemple). Les témoignages sont malheureusement fréquents depuis quelques semaines…

Eugénie a dû par exemple quitter en catastrophe les Etats-Unis, l’entreprise de son mari (en contrat local) ayant mis fin à son contrat à cause de la crise économique créée par le Covid-19. En plus de la déception causée par ce soudain changement de futur, il faut faire face aux démarches administratives du départ du pays d’accueil et du retour en France. D’après Eugénie, si le départ des Etats-Unis n’a pas été trop compliqué (en revendant tout), le retour en France est moins évident, notamment pour la recherche d’un logement. Pouvoir justifier d’une adresse stable est en effet l’étape indispensable de la suite des démarches (CPAM, Caf, réinscription écoles, etc).

Une autre personne a également témoigné d’une situation similaire, toujours aux Etats-Unis : la crise du Covid-19 a conduit l’entreprise de son mari à licencier en masse. Le retour a été très brusque et, surtout, non accompagné…

Monter son entreprise à l’étranger est souvent une belle aventure… sauf quand une crise telle que le coronavirus arrive. Si, en France, l’Etat a mis en œuvre de nombreuses mesures d’aides aux entrepreneurs, ce n’est pas le cas de tous les territoires. Et, quel que soit le pays, elles se révèlent parfois insuffisantes et obligent au retour en France, faute de moyens de subsistance...

Jimena tient un restaurant français avec son mari en Colombie, dans une zone touristique. La fermeture des frontières a mis un coup d’arrêt à leur activité et entrainé une perte quasi-totale des revenus. Pour eux, qui pensaient depuis quelques temps à rentrer en France, cet arrêt forcé a nettement précipité leur décision de retour.

Heureusement, tous ces retours contraints ne sont pas vécus négativement. Ainsi, Marion, expatriée à Hong-Kong, a vu son quotidien chamboulé par l’arrivée du confinement. Alors en vacances en France avec ses enfants, l’entreprise de son mari leur annonce que son poste est rapatrié en Europe à cause de la crise économique annoncée. Tout se précipite : « Nous nous sommes organisés avec mon mari et ne sommes rentrés que tous les deux à HK. Nous avons un mois pour organiser notre retour définitif en France après plus de 10 ans. Nous rentrons nous installer à Marseille et sommes vraiment très heureux de cette précipitation même si nous avons parfois quelques angoisses sur le retour à la vie "normale". »

Vivre le retour comme un nouveau départ, une nouvelle opportunité, même quand les projets de vie « idéaux » ont été brisés par la crise du Covid-19, serait-ce la clé pour retrouver le moral ? Certainement, même si c’est souvent plus facile à dire qu’à faire, et qu’il faut prendre le temps de faire le deuil de cette aventure écourtée

Ce retour contraint, soudain et brutal n’est généralement pas facile à vivre car, en plus de du poids psychologique et économique d’un licenciement ou d’une perte d’activité, des échéances de visa peuvent s’ajouter. Le retour doit alors être envisagé à très court terme, parfois en moins de 30 jours ! Organiser à la fois le départ et le retour devient alors un vrai challenge, surtout quand les allers-retours entre les deux pays sont rendus impossibles par la fermeture des frontières et le manque de liaisons aériennes. Nous n’avons pas encore de chiffres sur ces expatriés obligés de quitter leur pays d’accueil mais il y a fort à parier que l’on observera un phénomène de retour en France plus important que prévu pendant l’été et la fin de l’année 2020…

Image de cartons lors d'un déménagement 

Comment anticiper au mieux ce retour ?

Quelles que soient ses raisons ou son délai d’anticipation, le retour doit être un minimum préparé, ne serait-ce que pour avoir un toit au-dessus de la tête à l’arrivée et faciliter les démarches administratives de retour.

Nous allons vous donner quelques pistes pour le préparer au mieux.

  • Avant de quitter le pays d’accueil, récupérez les documents permettant une réinscription plus rapide dans les différents services administratifs français. Ils varient selon le pays mais, globalement, pensez aux documents suivants :
    • Diplômes, bulletins de salaires, contrats de travail…
    • Attestation de radiation des registres et listes électorales consulaires : utile pour prouver que l’on n’est plus résident à l’étranger
    • Certificat de changement de résidence : utile pour les éventuels passages de douane
    • Formulaires U1 et U2 permettant de transférer les droits au chômage en France, pour les pays de l’Union Européenne
    • Quitus fiscal : peut être demandé par les douanes au départ et par l’administration fiscale au retour en France
    • Certificat de l’assurance voiture du pays d’accueil témoignant qu’il n’y a pas eu d’accidents, permettant d’avoir un bonus au retour en France
    • Copie des dossiers médicaux si besoin, nécessaires pour faire une transmission aux professionnels de la santé en France et, pour les enfants, dans le cadre d’une inscription à l’école
       
  • Préparez le déménagement : vendre ou garder sa voiture, ses meubles ? Revenir avec des valises uniquement ou faire un déménagement par conteneur ? A vous de décider selon votre situation ! Renseignez-vous bien sur les différentes démarches douanières.
     
  • Anticipez le logement pour le retour en France : où loger à l’arrivée ? Il existe une multitude de solutions : être hébergé par un proche, louer un logement temporaire, trouver une location longue durée ou revenir chez soi si l’on a conservé son ancien logement…
    Pensez également aux entreprises spécialisées dans la relocation pour vous faire gagner du temps : quasi toutes sont listées sur le site du SNPRM. Professionnels de la mobilité internationale, ils vous accompagneront tout au long de votre départ du pays d’accueil et installation en France. Véritables facilitateurs du retour, ils s’occupent, entre-autre, du logement, des écoles, banques, services pratiques, démarches administratives et logistiques dont les expatriés auront besoin pour démarrer rapidement une nouvelle vie.
    Et si jamais vous avez besoin de meubles ou d’appareils électroménagers, le temps de trouver un logement stable ou en attendant l’arrivée de votre conteneur, nous serons ravis de vous aider : Move & Rent est le spécialiste de la location de meubles neufs de courte et moyenne durée, la solution idéale pour s’installer rapidement et sans stress.
     
  • Au retour en France : inscrivez-vous auprès des écoles, des assurances, de la CAF, de la CPAM, de Pole Emploi. Certains de ces organismes appliquent 3 mois de délai de carence avant de pouvoir bénéficier de leurs prestations : renseignez-vous bien pour ne pas avoir de mauvaise surprise ! Ces démarches administratives font souvent peur en raison de leur compléxité et, souvent, de leur lenteur mais, en relançant régulièrement si besoin, tout se passe bien. N’oubliez pas également d’échanger votre permis de conduire étranger contre un français (armez-vous de patience, les délais sont généralement très longs, autour de 12 mois…)

 

Quelques liens centralisant toutes ces infos :

Nous remercions particulièrement les expatriés qui ont accepté de témoigner dans cet article et nous leur souhaitons bon courage pour leur retour prochain en France.

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